la balance des mots ne peut rien
je ne peux rien sans elle

d’où es-tu ?
d’un passage qui m’a surpris un jour

je n’en reviens pas d’être écorché
je tais des mots que tu entends

qui d’autre se prononce ?
(qui ose embrasser l’univers ?)



                *


car le rire est à la source
avec l’océan et les larmes
je remonte le fleuve

où que j’aille je suis encore ici
la course va dans les deux sens

tout l’espace est en moi
tout est sentiment

je meurs de vivre
triste, j’exulte


                 *


personne n’est immortel
mais dans son noyau qui nous comprend tous

l’éternité garde l’essentiel

non pas ce qui distingue
mais ce qui unit

peut-être l’amour
ou la mélancolie
le vent

d’ici ce temps
qui est ici
bannir la distinction
recevoir sans compter

se confier à l’oubli
aimer de vivre


                 *

mourir c’est vivre (rien seul)


                *

                                      Jean-Claude Leroy (2010)










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