Les fleuves qui écrivent l'histoire…
et le Pô
et la Kolyma
et le Hoango
Les fleuves qui
écrivent
l’histoire des terres
avec leurs émissions forcément pirates par lesquelles la Parole Errante s’est toujours dite
Toi émigrée dans ta propre langue émigrée dans tes propres murs
Toulouse-langage Sept poètes qui ont éclaboussé avec leur sang l’idée qu’on se fait des mouvements d’astre Sont dans tes murs
les mots de leurs fleuves d’origine
tu martèles le temps avec tes heures de bronze). Sept poètes avec encore
à l’image de tes architectures en brique qui lancent à la conquête du ciel de chaque jour, le Réel et l’imaginaire
te sacreront Capitale
Albi à travers combien de regards légués de père à fils
voici sept poètes brûlés par le même soleil
avec le dialogue jamais éteint de bûchers
pour faire lever de tes murs
La parole errant dans tes rues telle cette caméra (plantée vingt-quatre heures sans discontinuer devant l’Empire State Building) pour prouver
Foix
pour mettre chacun de tes visages en accord avec les astres
Que les Pentecôtes dont l’histoire a fait de toi l’asile servent à détruire l’Industrie du signe
avec leurs mots saltimbanques
et leurs cris d’oiseaux
au Guatemala (nom d’aigle
en Espagne, en Irlande, et en Haïti Ils sont paroles de nulle part et de partout celles que parlent les cours d’eau aux villes qui les habitent. Sept poètes comme sept couleurs squatterisant l’arc-en-ciel au-dessus de toi
Armand Gatti
* Ce poème d’Armand Gatti est extrait d’une affiche publiée par l’Atelier de création populaire, Archéoptérix, à Toulouse en 1983. Repris dans Portrait de l'éditeur en montreur d'ours, Patrice Thierry, Les Amis de l'Éther Vague, 1999.